10/03/20 3 questions à

« La Fondation du Groupe ADP nous apporte une aide précieuse »

Installée à Orly depuis 2002, l’association Lire pour vivre propose des ateliers d'alphabétisation. En 2014, Malika Lemba en a pris la présidence, quittant son emploi pour se consacrer à ce projet. Elle nous présente sa mission et nous parle de ses relations avec la Fondation du Groupe ADP.

Classe de l'Association Lire pour vivre - Crédit : Association Lire pour vivre

Classe de l'Association Lire pour vivre - Crédit : Association Lire pour vivre

Précisions suite à la crise du Covid-19

Cet entretien a été enregistré en février 2020, juste avant la crise sanitaire du Covid-19. Durant la période de confinement, Malika Lemba et son équipe ont mis en place un programme à distance, pour conserver le lien avec les apprenants. L’association a réouvert ses portes le 18 mai 2020, en appliquant bien sûr les règles sanitaires gouvernementales.

Quelle est la mission de Lire pour vivre ? 

Quand j’ai repris sa présidence en 2014, l’association accueillait un public composé majoritairement de mères au foyer, afin de leur permettre d’avoir une vie sociale autour de la lecture et de l’écriture. Depuis, le contexte a beaucoup évolué et les besoins ont afflué. Aussi nous avons développé plusieurs projets.

Nos actions principales sont les ateliers d’alphabétisation et socio-linguistiques. Si, au départ, ils comptaient environ 80 apprenants, ils en accueillent aujourd’hui 250… et sans doute d’avantage à la fin de l’année. Nous y recevons des personnes en situation d’illettrisme, certaines issues de l’immigration, d’autres francophones qui ont des lacunes à combler ou ont quitté le système scolaire trop tôt.

Nous proposons aussi un accompagnement à l’emploi. Nous avons par exemple mis en place un atelier théâtre pour développer la confiance en soi et le savoir être des apprenants. Plus récemment, nous avons créé des ateliers informatiques durant lesquels, en plus de l’initiation au numérique, nous travaillons sur les CV. Nous avons créé également un atelier autour du développement durable : « comment recycler ou consommer mieux et moins ? », et aussi l’accès à la culture : musées, expo, etc…

Atelier Informatique - Association Lire pour vivre

Nous recevons des adultes de 18 à 60 ans. Depuis peu, nous accueillons également des mineurs non accompagnés (MNA) en en attente de scolarisation, en collaboration notamment avec l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), les Apprentis d’Auteuil, l’ARILE, (œuvres sociales qui se consacrent à l’accueil, la formation et l’aide à l’insertion des jeunes en difficulté sociale ; NDLR);

En fait, nous nous adaptons beaucoup à notre public et à ses demandes, mais toujours autour de l’apprentissage de la langue, que ce soit à l’écrit ou à l’oral.

Avant, notre rayonnement était local, il est aujourd’hui départemental.

Nous accueillons les personnes sans condition, sinon celle de la motivation, et parfois même des parisiens. Il existe trop peu de structures comme la nôtre, ouverte 5 jours sur 7 aux horaires de bureau et le soir. Si nous pouvons avoir une telle amplitude horaire, c’est parce que nous avons une salariée à plein temps, une autre à temps partiel, et trois bénévoles.

De mon côté, outre mon rôle à l’association, j’exerce d’autres activités qui me permettent de trouver des synergies avec les besoins de notre public. Ma mission au sein de la cellule emploi d’Orly me permet d’être informée par nos partenaires des métiers en tension, des cessions de recrutement, et de faire le lien. Étant membre de la cellule santé de la ville d’Orly, je peux aussi trouver des passerelles avec ce que propose la commune, comme des séances de vaccination gratuite ou une séance de présentation d’une sage-femme à l’association.

Avez-vous une belle réussite à nous partager ?  

Les exemples sont nombreux.

Sur notre page Facebook, on trouve plusieurs témoignages, comme celui de Mohammed, 38 ans, orlysien d’origine algérienne. Arrivé en France sans parler le français, il a suivi les ateliers pendant 3 ans, avant de devenir responsable dans une boucherie à Chevilly-Larue.

Ce qui nous intéresse, c’est évidemment de garder nos apprenants le moins longtemps possible et qu’ils trouvent rapidement du travail ou une formation !

Il y a aussi Fatoumata et Yamina, qui ont suivi une formation d’aide auxiliaire puéricultrice et auxiliaire de vie, et qui ont passé leurs tests avec succès grâce à leur travail et notre aide.

Il y a aussi Maria, 44 ans. Polonaise arrivée en France en 2016, Maria ne trouvait pas de travail à cause d’un niveau de français trop faible et ce, malgré un diplôme d’ingénieur. Elle a intégré récemment une formation à la création d’entreprise chez un de nos partenaires.

Quels sont vos liens avec la Fondation du Groupe ADP ?  

La Fondation du Groupe ADP, nous apporte une aide précieuse qui nous permet de continuer notre développement dans les conditions optimales d’apprentissage, garantes de nos résultats.

À travers son action de mécénat, elle nous a proposé un soutien financier de 4 000 euros, que nous avons utilisé pour équiper nos apprenants : livres, cahiers d’exercices… C’était un vrai besoin et c’est aujourd’hui un support lucratif dans leur apprentissage.

Depuis un an, nous avons aussi une marraine, salariée du Groupe ADP, qui vient nous voir toutes les semaines : elle participe aux ateliers et remplace même parfois nos permanents. 

Grâce à cet accompagnement, nous pouvons consolider notre action et renforcer notre crédibilité. Nous sommes soutenus par la ville, qui a fait le choix de l’insertion et non de l’exclusion, mais aussi par l’Etat, la région et le département. Je profite de l’occasion pour les remercier également.

Chaque jour, nous sommes agréablement surpris par l’assiduité et l’envie d’avancer de nos apprenant. Sur les 250 personnes que nous recevons régulièrement, nous avons un taux d’absentéisme quasi nul !

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