Mesure de l’eau

La mesure de la qualité de l’eau autour des aéroports de Paris

Nous avons la responsabilité de la distribution de l’eau potable et de la collecte des eaux usées et pluviales sur l’ensemble de nos aéroports. Cela implique d’identifier les pollutions et de surveiller la qualité des eaux que nous rejetons.

Au sein de nos aéroports, le traitement des eaux pluviales est crucial. Les eaux de pluie qui ruissellent sur les pistes peuvent se charger de divers contaminants tels que des poussières, des hydrocarbures, des résidus de pneus ou de fondants hivernaux utilisés pour le traitement des pistes et des avions en période hivernale… D‘où la nécessité pour nous de collecter et de traiter les eaux pluviales avant leur rejet dans le milieu naturel. 

L’échange étroit et permanent d’information entre notre laboratoire, chargé des mesures, et l’aéroport permet de favoriser les améliorations de pratiques de chacun : limitation de l’utilisation des produits, perfectionnement du matériel, nouveaux modes d’exploitation et veille commune sur les nouvelles technologies de traitement et les nouveaux produits.  

L’objectif est commun : limiter la pollution des eaux pluviales de l’aéroport pour empêcher tout risque de contamination du milieu naturel. 

Curage du bassin des Renardieres a Paris-Charles de Gaulle - Crédit : Zoo Studio

Où sont rejetées les eaux des aéroports Parisiens ?

Les eaux pluviales de l'aéroport Paris-Orly sont rejetées dans l'Orge à environ 200 m de la Seine.
Les eaux pluviales de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle sont rejetées par deux exutoires : le Bassin Versant Seine au niveau du ru des Sausset et le Bassin Versant Marne au niveau de la Réneuse.

Quel est le contexte réglementaire ? 

Depuis les années 1970, la politique publique de l’eau s’inscrit dans un cadre européen. Ainsi, la  directive cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2000 définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique. Cette directive vise notamment à prévenir et réduire la pollution de l’eau, promouvoir son utilisation durable, protéger l’environnement, améliorer l’état des écosystèmes aquatiques et atténuer les effets des sécheresses et inondations. Sa transposition en droit français est la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA), mise à jour en 2006. C’est dans ce cadre que nous sommes soumis une à redevance pour pollution non domestique. 

Nos aéroports ont reçu l’autorisation de rejeter leurs eaux pluviales et eaux usées de la part des administrations préfectorales. Des arrêtés déterminent la localisation des points de rejet, le débit maximal de rejet et les substances à contrôler. Ils fixent également la nature de ces contrôles (continus ou périodiques). 

Nous sommes également soumis au suivi régulier des rejets (SRR), qui porte sur les rejets d’eau pluviale en milieu naturel et d’eaux usées dans un réseau d’assainissement collectif.  

Quelles mesures de surveillance de l’eau avons-nous déployées ?  

Surveillance de la qualité des eaux pluviales

Les eaux de pluie sont récupérées et traitées dans les systèmes de traitement des eaux pluviales (STEP). Un système de traitement par les plantes complète le STEP de Paris-Orly. 

Un marais filtrant pour traiter les eaux usées à Orly.
Pour traiter les eaux chargées en produits de dégivrage des avions et de déverglaçage des pistes de l’aéroport Paris-Orly, nous nous sommes dotés en 2014 d’un marais filtrant planté de roseaux de 6 500 m2. Conçu par notre filiale Aéroports de Paris Ingénierie (ADPI) et ses partenaire

Notre laboratoire suit le débit et la qualité des rejets d’eaux 24h/24 et 7j/7. Cette surveillance permet d’identifier d’éventuelles pollutions d’interrompre les rejets en cas de dépassement des seuils autorisés par les arrêtés interpréfectoraux. La surveillance du laboratoire permet ainsi de contribuer au bon fonctionnement des usines de production d’eau potable de la région parisienne, se situant en aval de nos rejets d’eaux pluviales.

 

Le laboratoire du Groupe ADP 

Notre laboratoire répond à nos besoins en matière d’expertises, de mesures et de contrôles. Ses nombreux experts maîtrisent les spécificités aéroportuaires et sont donc capables d’effectuer rapidement des diagnostics. Le champ des expertises du laboratoire est piloté par un conseil scientifique composé de dirigeants de grands organismes scientifiques et techniques : Institut de veille sanitaire (INVS), Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), Laboratoire central des ponts et chaussée (LCPC), Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP), Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), Service Technique de l’Aviation Civile (STAC). 

Pour remplir au mieux ses missions, le laboratoire a mis en place un réseau de dispositifs de surveillance et d’alerte constitué de stations automatiques. 

  • Le réseau d’eau pluviale de l‘aéroport Paris-Charles de Gaulle est équipé de six stations de mesure d’alerte implantées aux points stratégiques et de deux stations de surveillances aux points de rejet : une pour le bassin versant Seine, l’autre pour le bassin versant Marne). Deux stations complémentaires permettent le suivi de l’eau provenant de la commune du Mesnil-Amelot. 
  • Le réseau d’eau pluviale d’aéroport Paris-Orly dispose de six stations de mesure d’alerte et de deux stations de surveillance à son point de rejet dans l’Orge.

Les stations de mesures comprennent :

  • une boucle d’échantillonnage,
  • un COT-mètre permettant de détecter toute pollution carbonée,
  • un préleveur rejeteur permettant l’identification de la nature exacte du polluant en cas de besoin.

Les données de mesure sont rapatriées en continu en temps réel au laboratoire. 

Les stations d’alerte détectent les pollutions aussi tôt que possible, de façon à pouvoir déclencher les rétroactions, confinement de l’effluent pollué, identification de la source de pollution, action corrective. Ce dispositif garantit ainsi une information rapide, fiable et régulière, notamment en cas d’incidents de pollution. Des analyses physico-chimiques sont réalisées sur les prélèvements effectués afin de déterminer la source de pollution. 

En complément, nous disposons d’un réseau de surveillance du niveau d’eau et de débit des rivières se situant en amont et en aval de son rejet Bassin Versant Marne, dans les communes de Gressy et de Claye-Souilly. Ce réseau de surveillance permet de connaître la capacité de réception du milieu récepteur, et ainsi d’optimiser les conditions de rejet. 

Surveillance de la nappe phréatique

La nappe phréatique est une couche d’eau souterraine constituée d’un sous-sol gorgé d’eau retenue par une couche d’argile imperméableLes nappes sont, en général, alimentées par l’infiltration d’eau de pluie. On la rencontre à faible profondeur, elle alimente traditionnellement les puits et les sources en eau potable. C’est la nappe la plus exposée à la pollution en provenance de la surface. 

Notre laboratoire réalise le suivi de la qualité physico-chimique des nappes phréatiques présentes sous l’emprise de noplateformes 

L’enjeu est double : 

  • patrimonial pour la maîtrise de l’impact des évolutions de nappes sur la stabilité des ouvrages 
  • environnemental pour la maîtrise de la qualité de l’eau des nappes et le suivi du sens des écoulements. 

Concrètement, despiézomètresinstruments servant à mesurer la compressibilité des liquides, sont disséminés sur nos plateformes. Ils permettent de suivre les niveaux de nappes et de réaliser des prélèvements afin de contrôler leur évolution. 

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