09/03/20 Portrait

À la rencontre de l’expert qui surveille la qualité de l’air

Stéphane Verlhac est responsable de la section air du laboratoire du Groupe ADP. Sa mission ? Mesurer, inventorier les émissions et la qualité de l’air ambiant. Il étudie également les risques de demain.

Le Pôle Environnement du Laboratoire vérifie quotidiennement le bon fonctionnement des analyseurs d’air ambiant et d’auto surveillance installés sur les cheminées des centrales thermiques (les centrales sont des installations classées pour la protection de l’environnement soumises à une réglementation préfectorales).

Le laboratoire du Groupe ADP a vu le jour en même temps que le groupe lui-même, en 1945, à l’issue de la seconde guerre mondiale. A l’origine, ses activités étaient surtout de l’ordre du génie civil ou de caractérisation des sols et qualité des pistes. Elles se sont diversifiées au fil des décennies. Aujourd’hui, les 80 personnes qui travaillent au sein du laboratoire remplissent des missions qui vont de la surveillance des infrastructures et ouvrages d’art au contrôle des rejets des eaux, en passant par la modélisation des flux routiers et piétons. 

C’est en 1975 que le laboratoire a commencé à surveiller la qualité de l’air. Stéphane Verlhac, lui, l’a rejoint en 2017, avec la volonté d’améliorer les connaissances scientifiques sur les émissions des plateformes aéroportuaires.

En tant que responsable de la section air du laboratoire, il surveille et mesure la qualité de l’air, identifie les différents polluants, inventorie et modélise les émissions. Stéphane Verlhac a un profil de chimiste, qu’il a complété il y a quelques années en prenant des cours du soir pour obtenir un master orienté environnement. Mais les membres de son équipe n’ont pas tous nécessairement des parcours scientifiques.

« Plusieurs de mes collaborateurs ont tout d'abord travaillé en exploitation avant de se former en interne à la surveillance environnementale »

Stéphane Verlhac

Au total, ils sont sept  techniciens et ingénieurs à travailler avec lui sur le sujet de l’air. Tous collaborent régulièrement avec l’autorité de contrôle des nuisances aéroportuaire (ACNUSA) et l’association Air Parif, agréé par le ministère de l’Environnement pour la surveillance de la qualité de l’air en région Ile-de-France.

Mesurer l’air ambiant, oui, mais comment ?  

Quatre stations de surveillance sont installées sur les plateformes de Paris-Charles de Gaulle et de Paris-Orly. Une cinquième devrait aussi bientôt être mise en œuvre au Bourget.

L’ensemble de ces dispositifs permet de prendre des mesures en continu. « Quand ils arrivent le matin, nos agents se connectent à toutes les stations pour vérifier ce qui s’y passe, indique Stéphane Verlhac. C’est en s’appuyant sur le résultat de ces contrôles qu’ils planifient leurs journées et programment, par exemple, des interventions de maintenance ou d’étalonnage. »

Les précieuses données sont ensuite envoyées sur un serveur et mises à disposition du public, qui peut alors les consulter en temps réel, ou par le biais des bilans trimestriels et annuels.

Penser à demain 

Si l’activité de surveillance est très réglementée et fait l’objet de plusieurs arrêtés préfectoraux pour l’autosurveillance des centrales, le Groupe ADP va encore plus loin en faisant de la recherche sur les polluants et risques de demain.  

« Tous les ans, nous réunissons un conseil scientifique, dont les membres sont extérieurs au groupe, précise Stéphane Verlhac. Nous présentons nos travaux puis nous échangeons sur les orientations de notre politique de recherche & développement, notamment en matière de caractérisation des polluants. » 

Lui apprécie particulièrement d’avoir à disposition des moyens de mieux maîtriser les risques futurs. Un motif de satisfaction est d’ailleurs d’avoir réussi à convaincre le groupe d’investir financièrement et humainement sur la surveillance des particules ultrafines. « Cela a découlé sur l’investissement d’analyseurs de pointes en 2018, souligne-t-il. Compte-tenu de la montée en puissance de ce sujet à l’ANSES (un avis en 2018, un second en 2019), dans les médias ou auprès des riverains, je suis satisfait qu’ADP m’ait fait confiance. »

Et l’investissement porte ses fruits, puisque l’expert indique que le Groupe ADP a démarré depuis le 1er janvier 2020 la surveillance en continu des particules ultrafines sur les sites de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly.

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