28/10/21 Découverte

Catherine Fiche, responsable du Plan de mobilité employeur au sein du Groupe ADP : « Nous développons une politique globale de mobilité verte »

Respect de l’environnement, fluidité des déplacements, temps de trajet... La mobilité des salariés en entreprise pose des questions sociales et environnementales centrales. Quand il s’agit du Groupe ADP, les salariés sont souvent des riverains des plateformes aéroportuaires.

Catherine Fiche, responsable du Plan de mobilité employeur du Groupe ADP

Catherine Fiche, responsable du Plan de mobilité employeur du Groupe ADP

Membre du Groupe ADP depuis dix ans, Catherine Fiche pilote aujourd’hui le Plan de mobilité employeur (PDME) à la direction du Développement durable et des Affaires Publiques. L’idée de travailler sur la mobilité est issue d’une démarche volontaire du Groupe ADP, qui date de 2005. Cette démarche s’est ensuite structurée en un Plan de mobilité employeur à l’échelle du Groupe, puis un Plan de mobilité employeur commun (PMEC) sur les plateformes Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, pensé avec des entreprises :

  • à l’échelle de Paris-Orly, avec l’association Orly’Pro’Mobilité, née en 2019 et qui compte 5 entreprises adhérentes.

Ces deux associations sont animées par les Chambres du Commerce et de l’Industrie (CCI) du Val d’Oise et du Val-de-Marne.

50 %

des effectifs de la plateforme, soit 47 000 salariés de Paris-Charles de Gaulle sont concernés par le Plan mobilité.

Comment travaillez-vous à construire une mobilité décarbonée ?

Le Plan de mobilité employeur du Groupe ADP est agencé autour de 4 volets : l’organisation du travail, la mobilité active (la mobilité active est une forme de mobilité qui utilise exclusivement l’activité physique humaine comme force motrice NDLR) et partagée, la mobilité propre et l’information et sensibilisation. Pour chaque action, il y a des pilotes et des échéances. Concernant l’organisation du travail, nous prônons de limiter les déplacements sur plusieurs sites au sein d’une même journée : par exemple, d’éviter d’aller à Paris-Charles de Gaulle le matin et à Paris-Orly l’après-midi. Nous accentuons aussi la mise en place du télétravail en cas de pic de pollution ou d’événement climatique extrême, comme un épisode neigeux.

Sur la mobilité active, nous allons renforcer les infrastructures cyclables et piétonnes sur les plateformes. Concernant la mobilité partagée, nous développons un volet covoiturage et autopartage. Nous avons aussi mené une expérimentation sur un projet de navette autonome avec notre pôle innovation. La mobilité propre ou l’hydrogène sont des axes de travail importants chez nous : nos flottes de véhicules de service sont de plus en plus décarbonées ! Nous incitons, via les renouvellements de marché notamment, nos partenaires et sous-traitants qui transportent nos passagers à s’équiper de véhicules plus propres. Nous déployons aussi des bornes de recharges électriques, pour nos salariés et pour nos passagers.

L’idée de ce plan d’action du Groupe ADP, c’est de travailler en transverse avec l’ensemble des directions et unités opérationnelles. Toutes les entités s’emparent du sujet environnemental et spécifiquement du sujet mobilité.

« Nos flottes de véhicules de service verdissent de plus en plus. »

Au quotidien, que mettez-vous en place pour favoriser des mobilités actives et partagées ?

En premier lieu, notre objectif est de sensibiliser nos salariés : nous avons un ensemble d’actions liées à la sensibilisation et à la communication autour de la mobilité durable, par exemple sur la nécessité d’utiliser des transports alternatifs à la voiture individuelle. Au-delà des animations mises en place pour la Semaine Européenne de la Mobilité, qui a lieu au mois de septembre chaque année, nous avons lancé des plateformes de covoiturage : une première en 2017 et une autre qui lui fait suite, très récemment, en septembre 2021, Karos.

Ensuite, nous avons des actions de lobbying et d’échanges avec les collectivités locales : l’idée, est à la fois de travailler à échelle locale avec les salariés mais aussi de faire connaître ces actions au sein de nos territoires d’emprise. Nous sommes en contact avec les communes riveraines et travaillons beaucoup sur les mobilités actives et les projets de développement des pistes cyclables en Île-de-France. Ce sujet est porté avec l’établissement Public Territorial Grand Orly Seine Bièvre auprès de la Région et de la Métropole pour essayer de renforcer des connexions entre l’aéroport et les zones où résident le plus de salariés.

Le saviez-vous ?

 Dans la perspective des jeux Olympiques de Paris 2024 :

  • la ligne 14 du métro va être prolongée au sud, jusqu’à l’aéroport Paris-Orly, à horizon 2024.

De quelle façon les riverains sont-ils associés à ces plans de mobilité ?

Les riverains sont pleinement intégrés à la démarche. Déjà, ce sont souvent des employés de la plateforme, mais aussi des passagers susceptibles de se garer dans nos parkings et d’utiliser nos bornes électriques. Notre offre de transport à la demande sur la plateforme de Paris-Charles de Gaulle a été pensée pour les riverains, en particulier pour répondre à un besoin de mobilité en horaires décalés. À terme, nous souhaitons aussi mettre en place des flottes de vélos en libre-service. Si je reprends l’exemple des modes actifs, nos pistes cyclables peuvent faire des connexions avec d’autres modes de transport. Nous leur donnons une grande une place dans toutes nos réflexions.

De plus, les riverains sont souvent concernés par les enquêtes que nous menons très régulièrement. Cet outil nous permet d’obtenir des informations sur la mobilité des salariés, savoir comment ils se déplacent, comment leurs déplacements évoluent etc. La voiture individuelle reste la plus utilisée, mais il y a une véritable appétence pour les mobilités alternatives. Sur la plateforme Paris-Charles de Gaulle, qui est très vaste, il est encore difficile de réaliser certains trajets sans voiture. Les derniers résultats ont été publiés et partagés au cours de la Semaine Européenne de la Mobilité et animés par nos interlocuteurs de la CCI.

Quel a été l’impact de la pandémie sur votre dernière enquête, et plus largement, sur vos actions ?

Notre plan d’action a été un peu malmené par la pandémie, mais beaucoup de choses ont pu être mises en place. Par exemple, cela ne nous a pas empêché de mener nos enquêtes, nous avons pu dissocier les questions liées aux habitudes de déplacement avant et après la pandémie. Nous avons même eu un meilleur taux de retour que pour les enquêtes précédentes, et remercions chacun des répondants pour sa contribution précieuse.

Les derniers résultats montrent que certaines habitudes restent inchangées : l’utilisation des transports en commun est assez faible au sein du Groupe ADP, car les salariés ne disposent pas toujours des infrastructures de transport à proximité de leur domicile et les temps de trajets sont souvent longs.

Néanmoins deux évolutions ressortent nettement de nos résultats : depuis la crise sanitaire, le télétravail est désormais un vrai moyen de limiter les déplacements. Ensuite, on note l’attrait pour la mobilité électrique. Cela coïncide avec nos actions de proposer des aides pour louer ou acheter des véhicules spécifiques ou d’offrir la possibilité de les recharger sur nos sites.

Bien sûr, le recours important au télétravail a profondément changé les usages. Nous avons aussi eu recours aux solutions informatiques qui permettent de s’organiser et de communiquer à distance. Cet usage massif des outils de la crise sanitaire s’est installé dans notre quotidien.

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